La gestion quotidienne d’une commune mobilise une énergie considérable. Les urgences s’enchaînent, les sollicitations s’accumulent, les dossiers courants occupent les journées. Dans ce flux permanent, il est tentant de se laisser absorber par l’immédiat.
Pourtant, la responsabilité d’un élu ne se limite pas à gérer le présent. Elle consiste aussi à préparer l’avenir. Les décisions prises aujourd’hui engagent la commune pour des années, parfois des décennies. Elles doivent être pensées dans une perspective de long terme.
Prévoir, c’est d’abord anticiper les évolutions. Comment la population va-t-elle évoluer ? Quels seront les besoins en équipements dans dix ans ? Comment le changement climatique va-t-il affecter notre territoire ? Ces questions doivent être posées, même si les réponses sont incertaines.
Prévoir, c’est ensuite planifier les investissements. Une école, une voirie, un réseau d’assainissement ne se construisent pas en quelques mois. Il faut programmer, budgéter, échelonner. Une commune qui n’investit pas prépare son déclin.
Prévoir, c’est aussi transmettre. Transmettre un patrimoine entretenu, des finances saines, des services qui fonctionnent, une équipe d’agents compétents. Ceux qui nous succéderont jugeront notre action à l’état dans lequel nous leur laisserons la commune.
Cette vision à long terme est difficile à tenir. Elle demande de résister à la pression de l’immédiat, aux effets d’annonce, aux promesses faciles. Elle demande de faire des choix parfois impopulaires parce qu’ils sont nécessaires.
Gouverner, c’est accepter cette responsabilité. C’est agir aujourd’hui en pensant à demain.
